mercredi 2 avril 2008
On passe à la pratique!
On commence la matinée avec une revue de presse . Chacun des etudiants doit présenter les news locales et internationales du jour. Après cela, les etudiants de l'UL et de l'ALBA ont du créer des groupes : 4 journalistes pour 1 caméraman . Le but était de filmer une scène banale de la vie quotidienne en plusieurs plans et de la monter, le tout ne doit pas dépasser 2mn.
Les sujets choisis étaient les suivants:
- la femme pressée qui traverse la route à tout allure
- la femme qui fume une cigarette
- la femme affamée qui mange une man'ouchée
- la femme qui a des reponsabilités
- la femme qui monte sur un toit
Après avoir terminé toutes nos scènes, nous partons les visionner avec le monteur. A partir de là, il faut choisir la scène qui marquera le plus le spectateur, equilibrer le tout avec les plans et si on le souhaite rajouter une musique de fond.
Enfin, le travail fini, toute la classe s'est reunie pour visionner nos oeuvres, du rire, de la joie, chacun est fier de son travail.
lundi 31 mars 2008
Première jour session TV
Pour ces 15 jours notre professeur est Olivier Michel, journaliste à la chaine française France 3, le cours de ce matin à servi de conseils sur les techniques de base du reportage vidéo.
On saura par exemple qu'un reportage TV porte sur des séquences et des interviews qui dépassent rarement les 2mn. Qu'il existe des règles dans le cadrage de l'image ( ne pas filmer une personne dont les yeux regardent en dehors de l'objectif) et qu'il existe plusieurs plans en tv :
- plan large
- plan moyen
- plan américain ( s'arrete à la taille)
- plan serré
- gros plan
- plan en plogée / contre plongée
- plan mouvements ou travelling
- plan panoramique
-zoom in /out
- plan subjectif ( ce que voit la personne)
- plan perspective
- entrée de champ/sortie de champ
- champ/contre champ ( de face ou de dos)
Dynamique aux airs de comique, Olivier a su captiver notre attention aujourd'hui, malgré la fatigue et la faim .
Après la pause déjeuner, des étudiants en audio visuel de l'ALBA sont venus nous rejoindre, ils nous aideront tout au long de cette semaine et serviront de caméramen et de monteurs pour les prochains jours. Chaque groupe de deux etudiants journaliste doit etre accompagné d'un cameraman, partir sur le terrain et en créer un reportage video avec commentaire.
Vendredi à 15h, tout doit etre terminé .
vendredi 1 février 2008



Nous avons été ravi(e)s d'avoir cours avec un journaliste et professeur aussi professionnel, nos connaissances en radio sont desormais solides .
Merci Olivier pour ton dévouement et ton dynamisme .
=) Voici quelques photos souvenirs .
dimanche 20 janvier 2008
Clocharde refuse changer son « adresse »
Mahassen est une mère de famille que le sort lui a joué un mauvais tour. Souffrante, délaissée sans abri, dans les rues de Tripoli, elle refuse de changer sa vie pour retourner dans sa famille paternelle.
« Maman est cupide, mes frère et sœur m’ont volée » murmure Mahassen El Meraabi, une femme de 48 ans, aux cheveux courts, yeux enflés, lèvres bleuâtres, sèches et pleines de verrues. D’une voix à peine audible annonce «Dieu ne laisse personne, autant qu’on fait du bien autant on reçoit du bien. J’ai toujours aidé les autres, moi ». La pluie tombe en averse, le vent semble arracher tout dans ce quartier de Tripoli. C’est derrière la porte fermée d’un immeuble, qu’elle s’abrite dès que le soleil se couche. Plongée jusqu’aux oreilles dans des draps usés en laine « Je ne peux pas me mettre debout, je saigne, j’ai mal. Ah ! Je n’ai jamais pleuré autant qu’aujourd’hui » dit-elle tremblant de froid, allongée sur les escaliers. Pleurer parce que « je voudrais aller voir Fatmeh ma fille, elle vient d’accoucher. Elle ne m’a jamais laissée. Je n’ai plus sa photo, on me l’a volée ainsi que tous mes papiers ». Ne cessant de tousser jusqu’à étouffement elle raconte que le propriétaire de son appartement l’a chassée il y a quatre ans sans savoir les raisons. Depuis, elle habite les trottoirs de la ville. « Je la voyais emmener sa petite fille à l’école, elle était très chic et élégante » dit Rana El-Haçan, une habitante du quartier EL-Jemmayzat. Elle ajoute « quand je l’ai vue la première fois dans cet état, j’ai été étonnée ». Cette dame raconte la même histoire que Mahassen, mais « sa fille a été enlevée et envoyée chez le père en Afrique ».
Mahassen est née au Sénégal, parle très bien le français, espère y retourner un jour avec sa famille mais elle est à Abidjan en Côte d’Ivoire «on m’attend là-bas » dit-elle « mais il faut que j’aie mon passeport, c’est mon beau-frère qui s’en occupe ». Elle continue « d’ailleurs, je ne vais pas tarder à partir, rien que deux jours, cela ne vaut plus le coup de louer un appartement à trois cents dollars ». De son côté son beau-frère, Abdel Basset Al Meraabi, affirme que pour des raisons familiales « son mari - mon frère, l’a quittée ». Puis, nous avons envoyé la fille chez le père, il en est responsable » sans expliquer les raisons.
Aujourd’hui, Mahassen s’est habituée à sa nouvelle maison, elle ne gêne personne. C’est sur le trottoir, auprès d’un café, qu’elle se met pendant le jour, et ne le quitte que pour aller aux toilettes dans ce café -si le propriétaire lui permet. Selon lui « elle a une très mauvaise odeur ». Et le fait d’aller chez sa mère à Akkar est impossible « pourquoi je vais aller chez elle ou chez chez mes frères et soeur ? Ils m’ont aimée quand je leur donnais de l’argent, maintenant c’est fini ».
Elle évoque à nouveau ses pleurs. Son fils mort-né, lui revient à la mémoire « j’ai vu ses yeux. Il était là ce matin, je l’ai senti dans les yeux d’un tout petit oiseau qui s’est approché de moi. Il a mis son bec sur mes lèvres et m’a embrassée». Il aurait pu être son soutien en ces jours.
Mahassen ne veut plus se détacher de sa place « c’est là qu’on viendra me chercher, c’est là mon adresse » et se tait.
Randa Abou Chacra
samedi 1 décembre 2007
La musique dans l'ame
TEXTE :
La lourde porte en fer laisse apparaître une pièce aménagée comme studio d’enregistrement. Tenue décontractée et cigarette à la bouche, Wissam Chahine, compositeur de musique est dans son élément. Le studio ne porte pas de nom ainsi que tous ceux du quartier de Sin El Fil. Les fauteuils en faux cuire font face aux affiches de concerts, fièrement mises en valeur. Une guitare désaccordée fait remarquer le matériel plutôt ancien, le jeune homme tente de rassurer : « Malgré la vieillesse de certaines machines, elles apportent une très bonne qualité de travail ». Entre les mains de trois pionniers de la musique au Liban : Khaled Sultan (ingénieur du son), Youness Aoun (manager), et Sami Gabriel (ancien chanteur de rock), le studio est une référence en matière de musique acoustique. »Nous réalisons des musiques pour des publicités, des films et bien sûr pour des artistes » réponds Khaled. Pour eux, ils n’ont rien à envier aux grands studios d’enregistrement de la capitale tels que Rotana. Tout se fait par voie informatique, seule la réputation et l’argent changent. « Evidemment nous rêvons tous de composer une musique pour des dizaines de musiciens avec leurs instruments mais cela coûte trop cher, c’est pourquoi l’informatique vient les remplacer ». C’est en puristes de la musique arabe que les quatre hommes ont crée leur propre univers à l’écart des musiques à la mode. Entre quelques mélodies au piano et une retouche sur l’ordinateur, l’un d’eux lance : « Pour moi, le meilleur parmi le moins pire est de composer des musiques religieuses plutôt que de soutenir les chansons de Hayfa ». Corrompus par l’argent, les grands studios d’enregistrements ont vendu leur âme au diable d’après eux. « Nous travaillons tous les jours pour 600 à 1000$/mois, eux ne se bougent pas beaucoup et sont payés 10 000$ le mois ». Chaque jour, les chansons de Hayfa, Dina ou Maria passent en boucle sur les chaînes de musique libanaises Une musique devenue commerciale et « pourrie » aux yeux de ces marginaux : « Les gros studios d’enregistrements au Liban ne font pas de la musique pour le plaisir de la musique mais uniquement pour l’argent .Je refuse de collaborer avec eux » réplique Wissam. Une musique presque identique à chaque nouveau tube, c’est le moyen pour distraire les auditeurs libanais. Ici, ce sont les nouveaux artistes qui n’ont pas encore développé leur talent qui intéressent les quatre hommes, ceux qui n’ont aucune connaissance en musique « les artistes viennent avec leurs lyrics et nous leur proposons une musique, s’ils sont vrais avec la musique alors on dépensera toute notre énergie pour eux ».Tout le matériel provient de leurs achats personnels, le squelette de deux baffles sert de table et les bouteilles de Mc Gregor et Vodka sont préparées pour l’ambiance. Un jeune homme fait son apparition, ils s’appelle Philippe, il fait partie de la nouvelle génération d’artistes « Ils ont cru en moi et en ma musique, aujourd’hui je me fais connaître petit à petit » confie le jeune chanteur. Dans un sourire, Wissam affirme effrayer Rotana et MTV « si nous travaillons de manière commerciale, je pense que nous leur serons des concurrents directs ». C’est dans leur vie personnelle et la situation au Liban que ces artistes trouvent inspiration. Des sons violent accolés à des bruits de la nature : la définition du Liban d’après eux. « Nous avons passé toute notre vie à entendre des bruits de bombes, mais il y avait aussi des moments calmes. On ressent cette contradiction du Liban dans nos musiques ». Dans le futur, ils espèrent trouver une place où développer une musique selon leurs goûts, en attendant le studio résonnera toute la nuit de sons épars. Signature : Sihem Hassaini .
Nombre de signes : 3948


